
Le 6e rapport du GIEC : un futur invivable
Par Lucie Geisser
Publié le 8 mars 2022
+ 5°C
Le pire scénario du GIEC suggère une hausse de 5°C d’ici à 2100, un scénario dans lequel rien ne serait fait pour limiter le changement climatique, voire même où nos activités seraient renforcées.
Notre meilleur espoir est aujourd’hui de ne pas dépasser une hausse de 1.5°C, mais celui-ci nécessiterait un sursaut politique mondial et un changement du paradigme économique drastique et immédiat. Cet objectif fixé à l’Accord de Paris ne suffit pas à être connu par les décideurs, des actions doivent être menées pour l’atteindre. Dans tous les cas, nous allons payer le prix des émissions de gaz à effet de serre (GES) que nous n’avons pas limitées depuis 1850, et qui se sont intensifiés au cours du siècle dernier et des 2 dernières décennies. Certains changements, dû aux émissions de GES, sont désormais irréversibles pour les siècles voire les millénaires à venir.
Limiter nos émissions GES à des taux faibles voire très faibles ne sera pas suffisant : dans les scénarios envisagés par les experts du GIEC, la simple diminution des émissions de GES entraînerait tout de même une hausse élevée des températures et une augmentation drastique de l’air pollué dans les zones aujourd’hui les plus impactées par ces phénomènes. Compte tenu de la situation climatique actuelle, entre 3,3 et 3,6 milliards d’êtres humains se trouvent déjà en situation de forte vulnérabilité.
Ce vers quoi les experts du GIEC encouragent nos États à se tourner est un « anthropogenic CO2 removal » (abrégé ACR), soit l’élimination de toute émission de CO2 humaine. Ce que suggère le dernier rapport du GIEC à nos décideurs politiques est de repenser entièrement notre façon de faire société, d’habiter, de repenser nos modes de vie, nos habitudes, et surtout notre modèle économique actuel. Il obligerait également à une sortie des énergies fossiles imminente.
Cet article paraît catastrophiste et exagéré, pour autant nous n’avons fait que reprendre les termes utilisés dans un rapport scientifique réalisé par les experts de l’ONU, les plus compétents sur la question climatique et environnementale.
L’actualité internationale terrible n’excuse pas la couverture si partielle de ce rapport par les grands médias, aussi nous vous conseillons de suivre le média @mieuxi et l’activiste Camille Étienne, @grainedepossible sur Instagram, afin d’être tenu au courant des actualités environnementales et climatiques mais aussi d’avoir accès à des reportages, des interviews et des documentaires sur le sujet.
Par Lucie Geisser
+ 1.5°C
« Ce rapport du GIEC est un recueil de la souffrance humaine et une accusation accablante envers l'échec des dirigeants dans la lutte contre les changements climatiques. »
- Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU
« Même si nous faisons face à d’autres menaces comme la guerre et les conflits, le monde ne doit pas perdre de vue le besoin d’agir collectivement contre une crise qui menace notre planète et l’avenir de la civilisation humaine. »
- Mohammed Nasheed, ancien président des Maldives, au nom du Forum des pays les plus vulnérables
« Les mêmes gouvernements qui ont ignoré l’Accord de Paris ne nous sauveront pas. Seule la résistance civile le peut. »
- Extinction Rebellion