
Le Student's United Nations
Premiers instants de l’Assemblée Générale dans la peau d’une déléguée
Par Léonie
Publié le 23 mars 2022
Avez-vous déjà entendu parler du SUN ? Non pas le soleil, je parle du Students’ United Nations. C’est une association qui organise une simulation de l’Assemblée Générale de l’ONU pour des centaines d’étudiants (collégiens) suisses et étrangers. Cette assemblée a lieu une fois par an, au mois de février, et cela tous les ans depuis 69 ans. Il y a environ 200 délégations. Chaque délégation est représentée par deux voire trois élèves. Il y a un peu de tout : le Portugal, Saint Vincent-et-les-Grenadines, Taïwan et son statut d’observateur ou encore le CICR, également observateur. Il faut défendre le point de vue et les intérêts de son pays et de son gouvernement peu importe ses opinions personnelles. L’Assemblée Générale se tient en février et elle dure trois jours.
Participer au SUN est une expérience inoubliable qui nous apprend à nous exprimer et à débattre en public. En somme, c’est un événement qui nous fait grandir. Voici à quoi ressemble les premières impressions d’une déléguée :
Le réveil sonne, il est 5h. Ça fait mal à la tête, mais l’excitation est palpable. Ça fait des jours que je réfléchis à ma tenue. Heureusement, j’ai réussi à trouver un joli tailleur. Mais pour les chaussures, je ne suis pas sûre : talons ou non ? Finalement non. La journée va durer 12h, au minimum, j’ai besoin de confort.
Chez moi, tout le monde dort profondément. Le contraste entre ce que je ressens et l’atmosphère autour est énorme. Alors que tout est apaisé dans ma maison, qu'il fait nuit noire dehors et que tout est calme, au contraire, dans ma tête se mélange l’envie, le stress, la peur et la fierté. Mes émotions se bousculent à une vitesse hallucinante.
Je vérifie une dernière fois si j’ai bien toutes mes affaires et je pars. Il fait très froid dehors mais je n’y fais pas attention. J’ai préparé un droit de parole pour la première résolution, et j’espère qu’il va être choisi, pour ça j’ai scotché dessus un petit chocolat. Un droit de parole c’est une prise de parole pour ou contre l’argument débattu lors de la résolution, elle dure 5 minutes.
Je retrouve ma co-déléguée devant le Centre International de Conférence de Genève (CICG), elle est dans le même état d’esprit que moi. C’est un soulagement de la voir, je ne pourrais pas réussir à m’exprimer devant autant de monde si elle n’était pas là pour me soutenir et inversement. On récupère nos badges et on rentre. J’ai des étoiles plein les yeux, la salle est immense et vide, c’est encore plus impressionnant. Je dépose mon droit de parole avec le petit chocolat pour la présidente de séance. Maintenant, il faut qu’on trouve notre place, les panneaux des délégations sont déjà installés.
Ça y est, on s’installe en haut légèrement à gauche. Les professeurs et les membres du staff sont là pour nous accueillir. La délégation à côté de nous sort un drapeau, je ne le reconnais pas, mais au moins maintenant je sais à quoi ressemble le drapeau de la Biélorussie. Ils ont l’air surmotivés, c’est inspirant de voir des gens aussi motivés et dévoués, mais la pression monte d’un cran.
La séance commence. Le secrétaire général prend la parole : il fait un joli discours de bienvenue, puis il présente tous les membres du staff. Il y a les casques bleus avec leur représentante, les présidents de séances et leur représentante, la trésorière, le webmaster, la vice-présidente et la présidente. Ils rayonnent tous sur l’estrade. J’espère un jour avoir le courage de les rejoindre.
Et puis il y a la minute de silence. Une minute qui nous permet de prendre conscience que ces trois prochains jours seront rythmés quasiment uniquement par l’Assemblée Générale, à base de « POINNNNNNNNNNNT D’INFORMATIIIIIIIIIIION » et de « CHALLENGE THE CHAIIIIIIIIIIIIR », en effet, au SUN il faut hurler pour poser une question (un point d’information), ou bien pour obliger le/la président.e à s’excuser si iel a commis une faute (challenge the chair). Trois jours également rythmés par des recherches sur toutes les positions diplomatiques possibles pour notre pays avec l’objectif d’atomiser les plus grandes puissances du monde lors de nos prises de paroles. Peu importe si nous ne sommes qu’un tout petit état que personne ne connaît comme Sao Tomé-et-Principe.
La présidente de séance prend la parole et annonce les droits de parole : je suis choisie !! La technique du chocolat a marché… La présentation initiale et les points d’informations se terminent, et c’est à moi de parler. Un grand silence… je prends une grande inspiration et j’appuie sur le bouton de mon micro. La lumière rouge s’allume, ça y est, ma voix est projetée dans les grandes enceintes, j’ai peur et mon expression est tremblante… Au fur et à mesure de mon argumentation, je prends confiance et mon intonation est bien meilleure. Les cinq minutes s’écoulent et à la fin, l’Assemblée entière applaudit. Ça me fait tellement du bien, je suis fière d’avoir réussi à parler devant 400 personnes. La journée commence bien.
En somme, au-delà de la matinée que je vous ai raconté, j’ai vécu une expérience formidable qui a changé ma vie et que je recommande à beaucoup d’étudiant.e.s. De plus, au fur et à mesure des années, le staff du SUN s’est diversifié. Actuellement l’équipe porte des valeurs d’ouverture d’esprit et de tolérance. La bienveillance se ressent énormément au sein du groupe.
Vous voulez vivre quelque chose de similaire ? Si vous êtes à l'université, il faut se tourner vers d’autres associations comme le GIMUN, mais si vous êtes encore au collège/gymnase, il est tout à fait possible de participer au SUN.
Léonie Berthe